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Comment réussir sa levée de fonds seed : étapes clés pour les startups
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Comment réussir sa levée de fonds seed : étapes clés pour les startups

Publié le
23/4/24

La levée de fonds en seed est une démarche importante pour poursuivre le développement d’une jeune start-up. Mais comment trouver des investisseurs pour financer la croissance de votre activité ? Et surtout, comment les convaincre ? Les réponses dans ce guide dédié à la levée de fonds en seed. 

Qu'est-ce que le "seed" ?

Le "seed" fait référence à une étape initiale de levée de fonds pour les startups ou les nouvelles entreprises. C'est généralement l'une des premières injections de capital externe que reçoit une entreprise, souvent après une éventuelle phase de "pré-amorçage" dans laquelle les fondateurs utilisent souvent leurs propres économies ou des financements de type "love money".

La levée de fonds en seed correspond ainsi à un moment précis du stade de vie de votre start-up à ne pas confondre avec les autres étapes : 

  • Le seed : lancement et développement de l’activité ;
  • La série A : accélération de l’activité ;
  • La série B : poursuite de la croissance et internationalisation de l’activité.

Concrètement, dans la phase seed, votre start-up est déjà lancée sur le marché et réalise un chiffre d’affaires qui laisse présager que vous avez un product market fit. 

Ici, votre but est de donner un coup d’accélérateur pour conquérir plus de parts de marché. Pour cela, point de secret : vous avez besoin de plus de moyens. Le seed peut alors financer vos besoins matériels et humains : recrutement, déploiement commercial, plan marketing, etc.

Les étapes préliminaires avant une levée de fonds seed

Validation du marché

La validation du marché est fondamentale pour réussir à monter votre entreprise. Elle consiste à effectuer le plus tôt possible, des vérifications pertinentes pour mieux comprendre les attentes des consommateurs. Elle permet ainsi de vous adapter ou de pivoter au cas où le projet emprunterait une fausse piste. La validation du marché se fait donc à la phase pré-seed où le projet n’est financé que par les subventions et la love money.

Préparation de son business plan

La préparation d'un business plan pour une levée de fonds seed est un exercice délicat qui nécessite une présentation claire et convaincante de votre projet d'entreprise. 

Voici une structure type pour un business plan, avec des éléments essentiels à inclure pour attirer l'attention des investisseurs potentiels :

  • Résumé : description brève de l'entreprise, du problème du marché que vous adressez, de votre solution et de l'objectif de la levée de fonds ;
  • Présentation de l'entreprise : historique de la société, mission et vision, structure juridique et propriété ;
  • Produit/Service : explication détaillée de votre produit ou service et de ses avantages compétitifs ;
  • Marché cible : taille du marché adressable, segmentation du marché, analyse des besoins du marché ;
  • Stratégie et mise en œuvre : stratégie de prix, de commercialisation et de distribution et plan de mise en œuvre ;
  • Analyse concurrentielle : principaux concurrents et leur positionnement, élément de différenciation de votre entreprise ;
  • Plan marketing et ventes : stratégie de marque et de positionnement, plan de promotion et de publicité et prévisions de ventes ;
  • Équipe de direction : profils des fondateurs et des membres clés de l'équipe ;
  • Plan financier : projections financières pour les 3-5 prochaines années (bilans, comptes de résultat, flux de trésorerie), hypothèses sous-jacentes, point mort, besoins en capital et utilisation prévue des fonds levés ;
  • Risques et défis : identification des principaux risques associés à votre entreprise, stratégies pour atténuer ces risques ;
  • Annexes (si nécessaire) : toute information supplémentaire pertinente : études de marché, brevets, accords de partenariat, etc.

Vous l’avez compris, le business plan est le document phare de votre levée de fonds pour prouver l’intérêt de votre projet aux investisseurs. C’est le moyen de les séduire (en cela, le business plan est aussi une vitrine) et de les convaincre avec des chiffres ambitieux, mais réalistes.

Comment lever des fonds en phase seed ?

Identification des bons investisseurs

De nombreux investisseurs peuvent intervenir dans la phase seed tels que : 

  • Business Angels : des entrepreneurs à succès qui investissent personnellement dans des startups en phase initiale. Ils apportent souvent non seulement des capitaux, mais aussi leur expertise, leurs réseaux, et parfois un soutien opérationnel.

  • Seed Funds : des fonds de capital-risque spécialisés dans le financement de startups à leurs tout premiers stades. Ils peuvent offrir des ressources financières substantielles et proposent une expertise sectorielle et un réseau d'affaires.

  • Accélérateurs et Incubateurs : ces programmes offrent souvent un financement initial en échange d'une participation au capital, ainsi que des ressources comme du mentorat, des espaces de travail et des formations. 

Préparation de votre pitch

On connaît actuellement une baisse drastique des levées de fonds. La frilosité des investisseurs va vous demander un réel effort pour leur montrer la pertinence de votre projet.

Vous le savez déjà, le pitch est une présentation percutante dans un temps limité, pour embarquer un ou plusieurs investisseurs dans votre entreprise. Chez Bold, nous avons vu passer de nombreuses présentations. Voici donc les quelques règles que toute start-up doit respecter pour mettre toutes les chances de son côté.

  • La compréhension du public en face de vous. Renseignez-vous sur les investisseurs que vous allez approcher. Quels sont leurs domaines d'intérêt ? Ont-ils déjà investi dans des entreprises similaires à la vôtre ? Surtout, adaptez votre pitch en fonction de votre auditoire. Si un investisseur a une expertise particulière, assurez-vous de l'aborder dans votre présentation.

  • La structuration du pitch. Il existe des thématiques clés à ne pas éluder. Ne réinventez pas la roue et abordez les points suivants : le problème ou le besoin que vous résolvez, la solution que vous proposez, la taille du marché, le modèle économique, la traction espérée, l’équipe et bien sûr la demande financière, la façon dont vous allez utiliser ces fonds et quelles seront les étapes clés financées par cette levée.

  • L’anticipation des objections. Soyez prêt à répondre à des questions difficiles sur votre entreprise, votre marché, vos concurrents, votre modèle économique, etc. Répétez avec des collègues ou des mentors qui peuvent vous offrir des critiques constructives.

Négociation et aspects juridiques

Une fois que l’investisseur accepte de vous financer à travers l’émission d’une lettre d’intention, la phase de négociation commence. 

Il est impératif de connaître vos droits et vos obligations afin de ne pas être lésé. Il est tout aussi important d’anticiper toutes les conséquences que cela aura pour vous dans les mois et années à venir sur les sujets juridico-financiers parmi lesquels :

  • La dilution. Quel pourcentage de la société les fondateurs sont-ils prêts à céder en échange de l'investissement ?

  • Les droits des actionnaires. Cela concerne les droits de vote, les droits de préemption (droit d'acheter des actions avant d'autres lors de futures levées de fonds), les droits d'information, etc.

  • La clause de liquidité préférentielle. En cas de vente de l'entreprise ou d'une sortie, certains investisseurs peuvent demander à récupérer leur investissement (ou un multiple de celui-ci) avant que les autres actionnaires ne soient payés.

  • Les clauses de protection (veto). Elles donnent aux investisseurs le droit de veto sur certaines décisions importantes (comme la vente de l'entreprise, la prise de dette importante, etc.).

  • La clause de rachat. Dans certaines circonstances, cette clause pourrait permettre aux fondateurs de racheter les parts des investisseurs.

  • Les clauses d'engagement. Les investisseurs peuvent demander que les fondateurs s'engagent à travailler à temps plein pour la startup pendant une certaine période ou à ne pas créer ou rejoindre une entreprise concurrente.

  • La gestion des futurs tours de financement. Comment seront gérés les levées de fonds futures, les droits des actionnaires existants, etc.

Pour négocier les meilleures conditions avec votre investisseur, il n’y a pas de recette magique. Tout dépend de l’attractivité de votre projet (plusieurs investisseurs vous courtisent-ils ?) ou de votre situation (êtes-vous pressé à cause de votre trésorerie ?). 

Les erreurs juridiques courantes à éviter lors d'une levée de fonds seed

Montrer patte blanche est un préalable avant de vouloir conquérir votre investisseur. Ne laissez aucune zone de flou et évitez ces mauvaises pratiques qui vont, tôt ou tard, ralentir votre course : 

  • Mauvaise structuration juridique de l'entreprise. Ne pas choisir la bonne forme juridique pour votre entreprise (avoir une SARL au lieu d’une SASU par exemple) ou ne pas l'avoir structurée de manière appropriée pour accueillir des investisseurs est un élément pouvant retarder la levée de fonds.

  • Omission de la due diligence. Ne pas l’effectuer est une grave erreur puisque l’investisseur peut procéder à un audit pour vérifier la santé juridique et financière de votre entreprise.

  • Accords antérieurs non clairs. Avoir des accords mal définis avec des co-fondateurs ou d'autres parties prenantes peuvent créer des problèmes lors de la levée de fonds.

  • Le non-respect des droits des actionnaires existants. Oublier ou mal gérer les droits de préemption des actionnaires actuels si vous avez levé en pré-seed est un frein pour toutes les levées de fonds à venir. 

  • La négligence des questions de propriété intellectuelle. Ne pas protéger correctement la propriété intellectuelle de l'entreprise ou ne pas vérifier les éventuels litiges ou revendications liés à celle-ci.

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