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Offrir un service que tu sous-traites : la bonne structure

Contrats
Avancé
13:58
2022
Le modèle de sous-traitance en détail : tu vends la prestation et la fais exécuter par un tiers. Contrats, liberté de prix, requalification en salariat, loi de 1975, DPA RGPD, avantages et inconvénients.
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Alexandra Cohen Farbiaz
Plateformes & marketplaces
Alexandra Cohen Farbiarz
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La méthode en bref

En une phrase : Le modèle de sous-traitance en détail : tu vends la prestation et la fais exécuter par un tiers. Contrats, liberté de prix, requalification en salariat, loi de 1975, DPA RGPD, avantages et inconvénients.

Tu vends des prestations mais ne veux pas les exécuter toi-même ? Le modèle de la sous-traitance est sans doute le plus adapté. Contrairement à la mise en relation (où tu n'es qu'un intermédiaire), ici tu es le seul interlocuteur de tes clients : tu leur vends directement la prestation, et tu la fais exécuter en tout ou partie par un tiers qui te facture. Dans cet épisode de la Bold Académy, Alexandra Cohen Farbiaz détaille ce modèle.

Le principe. Vis-à-vis du client, c'est toi (et toi seul) qui vends la prestation — donc seul responsable en première ligne ; en back-office, un prestataire indépendant l'exécute. Règle d'or : si tu contrôles la prestation et son prix, que le client t'achète à toi directement, et qu'un tiers exécute la mission, tu es en sous-traitance. Deux contrats : le contrat principal (toi ↔ client) et le contrat de sous-traitance (toi ↔ prestataire) — sans aucune relation directe entre le client final et ton sous-traitant.

Flux et prix. Gestion classique : tu factures et encaisses ton client, ton sous-traitant te facture et tu le paies (aucune problématique d'encaissement pour compte de tiers). Et tu fixes librement tes prix, donc ta marge. Le risque majeur : la requalification en contrat de travail des freelances personnes physiques, dès qu'apparaît un lien de subordination (ordres, contrôle, sanction). À éviter absolument : imposer des horaires, être leur seul client, imposer des vêtements/logo, une adresse email à ton nom de domaine, ou un travail permanent dans tes locaux avec ton matériel. Les conséquences sont lourdes (licenciement abusif, rappels de salaires, redressement URSSAF, travail dissimulé) — traite tes prestataires comme de vrais partenaires indépendants.

Les points clés à retenir

Voici les idées à garder en tête après la vidéo. Elles servent de checklist rapide pour passer du concept à l'action.

En sous-traitance, tu vends la prestation directement

En sous-traitance, tu vends la prestation directement au client (seul responsable en première ligne) et la fais exécuter par un tiers indépendant qui te facture.

Règle d'or : si tu contrôles la

Règle d'or : si tu contrôles la prestation et son prix, que le client t'achète à toi, et qu'un tiers exécute → c'est de la sous-traitance (contrat principal + contrat de sous-traitance, sans lien direct client↔sous-traitant).

Flux financiers classiques (tu encaisses le client

Flux financiers classiques (tu encaisses le client, tu paies le sous-traitant) et liberté totale sur les prix et ta marge.

Risque majeur : requalification en contrat de

Risque majeur : requalification en contrat de travail des freelances (lien de subordination) — évite d'imposer horaires, matériel, vêtements/logo, email à ton nom, ou d'être leur seul client.

Conséquences d'une requalification

Conséquences d'une requalification : licenciement abusif, rappels de salaires, redressement URSSAF, travail dissimulé.

Loi du 31 décembre 1975

Loi du 31 décembre 1975 : obligation d'agrément du client pour sous-traiter (dès que la prestation est personnalisée) et caution bancaire, sous peine de nullité.

Quand l'appliquer dans ta startup ?

À utiliser quand ton produit met en relation plusieurs acteurs, encaisse des flux ou repose sur un modèle de plateforme.

L'objectif n'est pas de tout complexifier, mais de repérer les bons réflexes : ce qu'il faut décider, ce qu'il faut documenter, et ce qu'il vaut mieux faire valider avant que le sujet ne bloque ton projet.

Pour aller plus loin

Cette vidéo fait partie de la Bold Academy. Les vidéos liées, les articles, les modèles de la contrathèque et les expertises associées te permettent de continuer le parcours sans repartir de zéro.

À retenir : Offrir un service que tu sous-traites : la bonne structure doit t'aider à prendre une meilleure décision juridique, plus vite, avec une vision claire des risques et des prochaines étapes.

À retenir
  • En sous-traitance, tu vends la prestation directement au client (seul responsable en première ligne) et la fais exécuter par un tiers indépendant qui te facture.
  • Règle d'or : si tu contrôles la prestation et son prix, que le client t'achète à toi, et qu'un tiers exécute → c'est de la sous-traitance (contrat principal + contrat de sous-traitance, sans lien direct client↔sous-traitant).
  • Flux financiers classiques (tu encaisses le client, tu paies le sous-traitant) et liberté totale sur les prix et ta marge.
  • Risque majeur : requalification en contrat de travail des freelances (lien de subordination) — évite d'imposer horaires, matériel, vêtements/logo, email à ton nom, ou d'être leur seul client.
  • Conséquences d'une requalification : licenciement abusif, rappels de salaires, redressement URSSAF, travail dissimulé.
  • Loi du 31 décembre 1975 : obligation d'agrément du client pour sous-traiter (dès que la prestation est personnalisée) et caution bancaire, sous peine de nullité.
  • RGPD : tu es responsable de traitement (données clients) et tes prestataires sont sous-traitants → signe un DPA. Avantages : maîtrise de l'offre, attractivité grands comptes ; inconvénients : responsabilité max, trésorerie, lourdeur administrative.
Transcription+

Si tu as un business qui vend des prestations mais que tu ne veux pas les exécuter toi-même, le modèle de la sous-traitance est probablement le plus adapté. Contrairement à la mise en relation, où tu n'es qu'un intermédiaire, ici tu es le seul et unique interlocuteur de tes clients : tu vends la prestation directement, et tu la fais exécuter en tout ou partie par un tiers qui te facture à son tour.

Qu'est-ce que la sous-traitance ? C'est le fait de faire exécuter tout ou partie d'un contrat par un sous-traitant. Vis-à-vis de ton client, c'est toi, et uniquement toi, qui vends la prestation : tu es le seul responsable en première ligne. En back-office, ce n'est pas toi qui exécutes la mission, mais un prestataire totalement indépendant. Exemples : le coaching d'entreprise (tu ne veux pas embaucher cent coachs, tu fais appel à des indépendants en gardant ta marque, ton pricing et ton contrôle — tu ne montes pas une marketplace, tu vends la prestation et tu sous-traites) ; le petit bricolage (tu vends la prestation au client final partout en France et tu la sous-traites à un réseau de freelances locaux). Règle d'or : si tu as le contrôle sur la prestation et son prix, que le client t'achète la prestation à toi, et que tu la fais exécuter par un tiers, tu es en sous-traitance.

Les relations contractuelles. Trois personnes, au moins deux contrats : un contrat principal (entre toi et ton client) et un contrat de sous-traitance (entre toi et ton prestataire). Point crucial : il n'existe aucune relation contractuelle directe entre le client final et ton sous-traitant.

Flux financiers et prix. Contrairement à la mise en relation, aucun problème d'encaissement pour compte de tiers : tu factures ton client et encaisses la totalité, puis ton sous-traitant te facture et tu le paies directement. Et comme c'est toi qui vends, tu fixes le prix que tu veux : tu maîtrises ta politique commerciale et détermines librement ta marge (la différence entre ce que tu factures au client et ce que ton prestataire te facture).

Le risque majeur : la requalification en contrat de travail. Lorsque tu sous-traites à des freelances personnes physiques (auto-entrepreneurs, micro-entreprises, sociétés unipersonnelles), il existe un risque de requalifier la relation en contrat de travail — on considérera alors le freelance comme ton salarié. Ce qui le déclenche : le lien de subordination, c'est-à-dire un travail réalisé sous l'autorité d'un employeur qui peut donner des ordres, en contrôler l'exécution et sanctionner les manquements. Les indices à éviter : imposer des horaires ou des jours de repos, être son seul client, lui imposer des vêtements aux couleurs ou logo de ton entreprise, lui fournir une adresse email à ton nom de domaine, le faire travailler en permanence dans tes locaux avec ton matériel. Les conséquences sont lourdes : rupture requalifiée en licenciement abusif (indemnités), rappels de salaires (congés payés, heures supplémentaires), redressement URSSAF, et risque de travail dissimulé. Pour limiter ce risque : assure-toi que le prestataire a sa propre entité juridique, laisse-le décider de ses disponibilités et organiser son travail (il respecte juste la date de livraison), ne lui impose ni matériel ni vêtements, incite-le à diversifier sa clientèle, et traite-le réellement comme un partenaire indépendant.

La loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance. Elle impose des obligations au donneur d'ordre (toi). L'obligation d'agrément : tu dois demander l'accord de ton client pour sous-traiter, qui valide l'identité du sous-traitant et ses conditions de rémunération. Exception : elle ne s'applique pas aux prestations « standards » sans personnalisation (ex. stockage de données dans un cloud), mais bien dès que la prestation est personnalisée (rénovation, développement sur-mesure). En cas de non-respect (sous-traiter sans agrément ou malgré un refus), le client peut demander des dommages-intérêts ou la résiliation du contrat principal ; et vis-à-vis de ton sous-traitant, tu restes tenu de le payer mais tu ne pourras pas lui opposer le contrat signé (les clauses de confidentialité ou de non-concurrence tomberaient s'il est annulé). Enfin, si la loi s'applique, les paiements dus au sous-traitant doivent être garantis par une caution personnelle et solidaire obtenue auprès d'une banque — sans quoi le contrat de sous-traitance est nul.

Le RGPD. Le traitement des données s'effectue à deux niveaux. Envers tes clients, tu es responsable de traitement (tu collectes leurs données à l'inscription ou à la commande, en déterminant objectifs et moyens) : tu dois respecter le RGPD et proposer une politique de confidentialité claire. Envers tes sous-traitants, eux sont sous-traitants au sens RGPD : ils traitent ces données en ton nom et pour ton compte, sans pouvoir les utiliser à d'autres fins (comme leur propre prospection). Tu as l'obligation de signer avec eux un contrat de sous-traitance de données, ou DPA (Data Protection Agreement), qui encadre ce qu'ils peuvent faire et comment sécuriser ces données.

Avantages et inconvénients. Avantages : maîtrise totale de l'offre (service, prix, qualité) ; forte attractivité commerciale (les grands comptes préfèrent un prestataire unique et responsable à une multitude de freelances) ; simplicité financière (pas de compte de tiers ni de monopole bancaire). Inconvénients : responsabilité maximale (seul responsable de la bonne exécution — pense à une clause limitative de responsabilité bien rédigée) ; contrainte de statut réglementé si la prestation l'exige ; trésorerie complexe (encaisser le client avant de payer le sous-traitant, sous peine d'avancer des fonds) ; lourdeur administrative (requalification et loi de 1975).

Le modèle de sous-traitance est souvent adopté dans un second temps, après s'être lancé en mise en relation : une fois la structure plus solide, capable d'assumer plus de responsabilités et désireuse de maîtriser sa politique commerciale et sa qualité, elle bascule en sous-traitance. Certaines entreprises font même coexister les deux modèles selon la typologie de clients (mise en relation pour les particuliers, sous-traitance pour les grands comptes).

Pour aller plus loin
Ressources liées
Les vidéos, c'est bien.
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