La méthode en bref
En une phrase : Droit d'auteur, code, logo, algorithme, NDA : pourquoi et comment faire céder les droits de PI à ta startup (associés, prestataires, salariés) pour éviter le scénario catastrophe.
Ton CTO a développé la techno sur laquelle repose toute ta boîte… puis il claque la porte six mois plus tard sans avoir cédé ses droits de propriété intellectuelle. Résultat : tu ne peux plus exploiter ta propre techno sans te rendre coupable de contrefaçon. C'est le scénario catastrophe que Marthe t'aide à éviter dans cet épisode de la Bold Académy, consacré au droit d'auteur et aux réflexes de cession à adopter.
La propriété intellectuelle est large (droit d'auteur, marques, dessins et modèles, brevets…) ; ici, focus sur le droit d'auteur, qui protège bien plus qu'une œuvre artistique : créations graphiques (logos, chartes), contenus rédactionnels (docs commerciales, articles de blog) et logiciels (les lignes de code). Attention à la distinction logiciel / algorithme : seul le code est protégé ; l'algorithme, en tant que logique, ne l'est que par le secret — d'où l'importance de faire signer un NDA à toute personne à qui tu en dévoiles les rouages. Autre point clé : le droit d'auteur naît de la création, sans dépôt ni formalité.
Pourquoi faire céder les droits ? Parce que c'est la société qui doit en être titulaire (jamais toi en tant que personne physique, même président) : la PI devient alors un actif valorisable, essentiel pour lever des fonds, et permet d'agir contre quiconque exploite tes créations. Doivent céder leurs droits : toi et tes associés, tes prestataires, tes salariés et tes stagiaires. Rappel crucial : payer un prestataire n'emporte pas cession automatique — sans écrit, pas de cession.
Les points clés à retenir
Voici les idées à garder en tête après la vidéo. Elles servent de checklist rapide pour passer du concept à l'action.
droit d'auteur protège bien plus qu'on ne
Le droit d'auteur protège bien plus qu'on ne croit : code, logos, chartes graphiques, contenus rédactionnels.
Il naît de la création, sans dépôt
Il naît de la création, sans dépôt — mais l'algorithme (la logique) n'est protégé que par le secret (NDA).
C'est la société qui doit être titulaire
C'est la société qui doit être titulaire des droits, pas les fondateurs à titre personnel.
Payer un prestataire n'emporte pas cession des
Payer un prestataire n'emporte pas cession des droits : il faut une cession écrite (devis, facture ou contrat).
Fais céder les droits de tous
Fais céder les droits de tous : associés (via le pacte), prestataires, salariés (contrat de travail), stagiaires (contrat dédié).
clause de cession valable doit être écrite
Une clause de cession valable doit être écrite, identifier précisément les créations et lister exhaustivement les droits cédés.
Quand l'appliquer dans ta startup ?
À utiliser dès qu'un nom, un logo, un code, un contenu ou une création devient central dans ton business.
L'objectif n'est pas de tout complexifier, mais de repérer les bons réflexes : ce qu'il faut décider, ce qu'il faut documenter, et ce qu'il vaut mieux faire valider avant que le sujet ne bloque ton projet.
Pour aller plus loin
Cette vidéo fait partie de la Bold Academy. Les vidéos liées, les articles, les modèles de la contrathèque et les expertises associées te permettent de continuer le parcours sans repartir de zéro.
À retenir : Éviter les problèmes de propriété intellectuelle doit t'aider à prendre une meilleure décision juridique, plus vite, avec une vision claire des risques et des prochaines étapes.
- Le droit d'auteur protège bien plus qu'on ne croit : code, logos, chartes graphiques, contenus rédactionnels.
- Il naît de la création, sans dépôt — mais l'algorithme (la logique) n'est protégé que par le secret (NDA).
- C'est la société qui doit être titulaire des droits, pas les fondateurs à titre personnel.
- Payer un prestataire n'emporte pas cession des droits : il faut une cession écrite (devis, facture ou contrat).
- Fais céder les droits de tous : associés (via le pacte), prestataires, salariés (contrat de travail), stagiaires (contrat dédié).
- Une clause de cession valable doit être écrite, identifier précisément les créations et lister exhaustivement les droits cédés.
Voilà le scénario. Tu as monté ta startup, vous êtes plusieurs associés dont un CTO — celui qui a développé toute la techno, cette techno qui fait la valeur de ta boîte. Six mois plus tard, crise intergalactique : ton CTO change de vision et claque la porte. Gros problème : tu réalises qu'il n'a pas cédé ses droits de propriété intellectuelle à la startup, soit faute de pacte d'associés, soit parce que ce pacte ne comprend pas de clause de PI. Et maintenant que vous êtes en froid, il rechigne à te céder les droits. Résultat : tu ne peux plus poursuivre ton activité, qui repose sur cette techno, sans te rendre coupable de contrefaçon de droit d'auteur. C'est la situation la plus extrême, mais sans aller jusque-là, tu peux rencontrer des situations bien problématiques. Dans cette vidéo, on parle de propriété intellectuelle, et plus spécifiquement de droit d'auteur, et des bases à connaître pour éviter tout ça.
1. Qu'est-ce que la propriété intellectuelle et le droit d'auteur ? La PI est relativement large : elle regroupe le droit d'auteur, le droit des marques, les dessins et modèles, les brevets, etc. Ici, on se concentre sur le droit d'auteur. On l'associe souvent à une peinture ou un roman, mais il protège bien plus, et c'est là que ça t'intéresse : les créations graphiques (logos, chartes graphiques…), les contenus rédactionnels (documentation commerciale, articles de blog) et les logiciels (l'ensemble des lignes de code développées).
Logiciel vs algorithme. Petite distinction essentielle : ce qui est protégé, ce sont les lignes de code du logiciel. L'algorithme, lui, est une logique, une méthode — la manière dont on fait fonctionner le logiciel — et il n'est pas protégé par un droit de PI en tant que tel. Comment le protéger, alors ? Par le secret. À chaque fois que tu expliques les rouages de ton algorithme à un tiers, tu dois lui faire signer un accord de confidentialité (NDA). Le secret est aussi la meilleure protection pour les savoir-faire, les données confidentielles — tout ce qui n'est pas directement couvert par un droit de PI.
La naissance du droit d'auteur. Contrairement aux droits de propriété industrielle (marques, brevets, dessins et modèles), le droit d'auteur naît du seul fait de la création : pas de dépôt ni de formalité préalable. Dès que la création existe, dès que les lignes de code sont écrites, un droit d'auteur y est attaché.
2. Pourquoi ta startup doit-elle se faire céder les droits ? D'abord, c'est bien ta startup qui doit être titulaire des droits, et non toi en tant que personne physique — même si tu es mandataire social, président ou DG. Une fois la société titulaire, le droit d'auteur devient un actif immatériel valorisable : il valorise ta société, ce qui est essentiel pour lever des fonds. Être titulaire permet aussi d'agir contre quiconque (un concurrent, par exemple) exploiterait ces éléments sans autorisation : un vrai avantage concurrentiel.
Qui doit céder ses droits ? Toi et tous tes associés ; tous tes prestataires ; enfin tes salariés et tes stagiaires. Sinon, tu t'exposes à des situations problématiques. Le conflit d'associés, d'abord (le scénario du début) : il est crucial que, dès le départ, tous les associés s'engagent à céder l'ensemble de leurs droits de PI à la startup — notamment les logiciels développés par le CTO ; sinon, s'il part, tu devras tout recoder from scratch. Les prestataires de développement, ensuite : au moment du contrat ou du devis, fais-toi céder les droits attachés aux développements. Payer ton prestataire n'emporte pas cession automatique : sans écrit, pas de cession — tu ne pourrais pas exploiter librement les livrables, et le prestataire pourrait te réclamer une rémunération complémentaire.
3. Comment organiser la cession : en amont vs en aval. Principe fondamental : on ne peut pas céder globalement ses droits d'auteur sur des créations futures, sauf si elles sont déterminables à l'avance avec suffisamment de précision. Trois possibilités. Option A — la cession en aval (créations déjà existantes) : le plus simple, tu signes un contrat de cession avec l'auteur ; mais ce n'est pas le plus safe, mieux vaut « locker » l'auteur en amont. Si tu es déjà en aval, rapproche-toi vite de ton presta pour régulariser. Option B — la cession en amont (créations futures bien définies, par exemple une mission avec cahier des charges strict) : tu rédiges d'ores et déjà un contrat de cession, ou tu inclus une clause de cession dans le contrat de prestation. Option C — l'engagement de cession (créations futures non déterminables) : tu obtiens en amont l'engagement contractuel de l'auteur de te céder ses droits au fur et à mesure ; à la fin de la mission, tu régularises via un court document identifiant les éléments finaux. La startup n'est titulaire qu'à compter de cette régularisation, mais l'auteur est bloqué et ne peut pas céder à quelqu'un d'autre.
4. Les conditions de validité d'une clause de cession. Le Code de la propriété intellectuelle impose des règles strictes. Le consentement par écrit : une cession ne peut pas être orale. L'identification précise : la cession doit lister précisément ce sur quoi elle porte (tel logiciel, telle création graphique). La délimitation des droits : tu dois lister exhaustivement les droits transférés (reproduction, représentation, adaptation, traduction, utilisation sur différents supports…) — tout ce qui n'est pas expressément mentionné reste la propriété exclusive de l'auteur. Exemple : tu confies un shooting à un photographe mais oublies le droit d'adaptation ; si tu dois recadrer l'image pour Instagram, tu seras bloqué faute d'avoir obtenu ce droit.
Comment formaliser selon les profils. Avec un prestataire (devis-facture) : vérifie que le devis ou la facture comprend une clause de cession détaillée, ou intègre-la au contrat de prestation. Avec tes salariés : assure-toi que tous les contrats de travail comportent une clause de PI robuste. Avec tes stagiaires : les conventions de stage classiques n'incluent généralement pas ces clauses — fais signer un contrat de cession dédié. Avec tes associés : inclus impérativement une clause de cession de PI claire dans le pacte d'associés.
Récapitulatif — les 6 bons réflexes. (1) Le pacte d'associés : une clause où tous les associés s'engagent à céder leurs droits de PI à la société. (2) Les contrats de travail : une clause de PI systématique pour tous les salariés. (3) Les stagiaires : ne pas se fier à la convention de stage, faire signer un contrat de cession dédié. (4) L'exhaustivité : lister précisément chaque droit cédé. (5) La régularisation : régulariser a posteriori toutes les cessions reposant sur un engagement en amont. (6) Les prestataires : verrouiller en amont la cession des droits sur les futurs livrables (dev, contenu, graphisme).
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